Afin d’amorcer ce changement de paradigme, le Conseil fédéral propose des mesures dans quatre domaines :
- Une plus grande marge de manœuvre et moins de tâches administratives, notamment grâce à des paiements directs axés sur les résultats et à l’exploitation du potentiel offert par la numérisation.
- De meilleures conditions de marché, notamment grâce à un renforcement de la veille du marché et des mesures d’autogestion, ainsi qu’à une augmentation des primes laitières.
- Renforcement des bases de production et de l’efficacité des ressources, par exemple grâce à la mise en œuvre de la stratégie pour une protection durable des cultures à l’horizon 2035 et à la promotion de technologies particulièrement durables.
- Une plus grande durabilité tout au long de la chaîne de valeur, comme par exemple la conclusion d’accords sur les objectifs avec le commerce de détail.
scienceindustries soutient la poursuite du développement de la politique agricole dans le sens esquissé par le Conseil fédéral et s’attend à un gain d’efficacité substantiel dans divers domaines. Il s’agit notamment de renforcer la responsabilité individuelle du secteur agroalimentaire, d’encourager l’innovation et d’améliorer les conditions-cadres d’une production alimentaire durable et compétitive. Pour cela, il faut supprimer systématiquement les obstacles administratifs qui vont à l’encontre de ces objectifs.
C’est notamment dans les domaines de la protection des végétaux et de la sélection végétale que les procédures d’autorisation doivent être accélérées, simplifiées et conçues de manière à favoriser davantage l’innovation. L’initiative parlementaire 22.441 « Permettre une protection phytosanitaire moderne en Suisse », qui a déjà été adoptée, va dans la bonne direction : La Suisse doit pouvoir s’aligner davantage sur les décisions de l’UE et de ses États membres, non seulement en matière de retrait d’homologation, mais aussi en matière de nouvelles homologations, afin que de nouvelles solutions soient plus rapidement mises en œuvre dans la pratique.
Une politique agricole tournée vers l’avenir doit considérer la protection durable des cultures comme une mission stratégique. Cela comprend le traitement rapide des demandes d’autorisation de nouveaux produits phytosanitaires, la promotion de nouvelles méthodes de protection ainsi que l’utilisation ciblée de technologies modernes pour des applications précises de produits phytosanitaires. Sans une protection phytosanitaire efficace, un système alimentaire durable n’est pas possible. L’utilisation de moyens hautement efficaces, innovants et modernes est la clé de la production végétale et du renforcement de la sécurité alimentaire.
scienceindustries salue par ailleurs les initiatives visant à responsabiliser davantage le secteur : parmi celles-ci figurent un système commun d’indicateurs de développement durable, des espaces de données volontaires et sécurisés pour le secteur agricole et agroalimentaire, ainsi que des services numériques dédiés aux séries chronologiques, à l’analyse comparative et au développement fondé sur les données. La condition préalable est que ces instruments bénéficient d’un soutien à titre subsidiaire, qu’ils soient conçus de manière à être applicables dans la pratique et qu’ils n’entraînent pas de lourdeurs administratives supplémentaires.
Il est également judicieux de renforcer le conseil, le transfert de connaissances et le soutien axé sur les résultats, à condition que ces mesures soient systématiquement orientées vers l’efficacité, l’innovation et la faisabilité opérationnelle.
La politique agricole doit être envisagée et élaborée de manière globale, au-delà des différentes entités administratives. La protection des végétaux, la sélection végétale, la biodiversité, la protection des sols et des eaux, la gestion des données, le conseil et la promotion de l’innovation ne doivent pas faire l’objet d’une réglementation isolée, mais doivent être orientés de manière cohérente vers la sécurité alimentaire, la durabilité et la compétitivité.